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GAEC Bellis Perrenis – Point en 2016

 

Cela faisait 4 ans qu’il n’y avait pas eu de point approfondi sur la situation du GAEC Bellis Perennis qui fournit lait, fromages, pains et farines à AMAP’Porte.
Il était donc temps, car les choses ont bien évolué.

En 2013, Florian quittait le trio du GAEC pour suivre son propre chemin. En 2014, Paul rejoint l’équipe de Vincent et Julien. En ce début d’année 2016, ils décident d’un commun accord de laisser Paul suivre aussi sa route. Parallèlement, Jo, qui a développé l’activité brebis sur la ferme est salariée en CDI à mi-temps.

Jusqu’en 2012, souvenez-vous, les premières années du GAEC avaient été compliquées. Une succession d’années sèches n’avaient pas permis à nos paysans d’envisager sereinement le futur. En 2012, Vincent nous confiait : « Encore une année comme celle-là, et on met la clef sous la porte ! ». Les prairies ne produisaient pas assez pour suffire aux pauvres ruminants, les acolytes devaient acheter paille et foin pour faire la soudure avant les fenaisons. Nos paysans ne dégageaient pas de salaire non plus… pas très « Maintien d’une Agriculture Paysanne », tout ça ! (c’est quand même le but premier des AMAPs).WP_20160212_12_03_13_Pro

Mais, depuis 2013, le sourire est réapparu sur les visages de nos producteurs. La pluviométrie est retournée à un régime plus normal : les granges se sont remplies de foin, les récoltes de céréales ont augmenté… alors, par voie de conséquence, la production de lait est devenue plus abondante et régulière et la cave à fromage s’est remplie. Plus de pénurie de fromage, comme par le passé !

D’un point de vue économique, 2015 a été une très bonne année et 2016 semble suivre la même tendance.  Cela va bientôt faire 2 ans que Vincent et Julien dégagent un revenu satisfaisant de leur travail. Vincent nous fait part d’une « ambiance générale » favorable à la consommation bio, surtout depuis l’automne 2015. Effet COP 21 ? Changement progressif des mentalités ? Difficile de dire… toujours est-il que depuis septembre, les ventes sur les marchés ont augmenté, que les gens semblent plus ouverts, plus réceptifs.

Confirmant les impressions de nos paysans, sur l’ensemble du territoire français, les ventes de produits biologiques ont connu une hausse de 14,7% en 2015. Les surfaces en bio ont bondi de 23,1% en France en 2015, atteignant 1 375328 hectares

Sur la ferme, de nombreux changements ont eu lieu. Les techniques d’élevages ont évolué, le matériel aussi. Par exemple, avec les jours meilleurs, nos paysans ont investi dans une nouvelle faucheuse, une andaineuse.

WP_20160212_11_50_57_ProCôté vaches

Mais le gros investissement de ces derniers temps a été la salle de traite mobile, qu’ils ont fait venir de Lozère. Attelée sur et fonctionnant grâce au tracteur, ils peuvent faire les traites dans les prés où se trouvent les 24 vaches (Brunes des Alpes et Rouge des Près) qui produisent du lait. Le travail  quotidien est donc simplifié, plus besoin d’assurer les allers-retours parfois fastidieux du troupeau vers la salle de traite.

Autre innovation, depuis janvier, le GAEC est passé à la mono-traite. En effet, traditionnellement, on trait les vaches le matin et le soir. Ce rythme est contraignant. Ce type de traite exige la présence de deux personnes pendant 1h30. Le passage à la mono-traite (une traite le matin) occupe une personne pendant 2h chaque soir. Quand on cumule le gain de temps de travail sur un mois, une année, la différence est tout sauf négligeable. Dégager du temps est aussi un des objectifs de l’agriculture paysanne. Mais passer à une seule traite par jour a un impact sur la production de lait. La production baisse de 15 à 20%… ce n’est pas rien. Pour autant, la qualité du lait est meilleure : les taux de protéine et taux de matière grasse sont plus élevés. Et ce sont ces deux taux qui importent pour la fabrication du fromage. Parallèlement, la cave à fromage ayant régulièrement tendance à être trop pleine… une légère baisse de production n’est en rien problématique.

 

Côté brebis

La transformation du lait de brebis en fromage a commencé en 2015. Les habitués du marché ont pu découvrir les fromages frais et les yaourts de brebis. Avec la nouvelle formule proposée aux adhérents de l’AMAP pour les fromages, il deviendra possible d’en prendre régulièrement aussi. La mono-traite est aussi pratiquée pour les brebis.  Elle se fait le matin. Pour s’assurer d’avoir assez de lait, les agneaux sont séparés de leurs mères la veille au soir dans des cases aménagées.

La bergerie est en cours d’agrandissement car les conditions d’hébergement n’étaient pas idéales. Cette année, 95% des brebis ont eu des doublons. Chose rare ! Mais qui a engendré une légère surpopulation…

Les 60 brebis Thônes et Marthod croisées avec une race corse mettent bas en novembre. Pendant 2 mois, leur lait va exclusivement à leurs petits. Puis, les agneaux sont progressivement sevrés, puis vendus. La production de lait se concentre donc au printemps car les brebis sont taries en juin, puis saillies en juillet. Les brebis produisent environ 10l/jr en moyenne. Entre Juillet et novembre, l’élevage des brebis prend donc beaucoup moins de temps.

Côté cochon

Le GAEC, cette année, a décidé d’arrêter d’être naisseur en cochon. Une décision qui coïncide avec le départ de Paul. Nicolas, qui s’est récemment installé en bio à Valanjou avait besoin de 2 mères et d’un verrat, il les a récupérés à la Grande Noë. Le marché consiste donc maintenant à ce que Bellis Perennis achète 10-15 petits à Nicolas chaque année et les engraisse (principalement avec le petit lait issu de la fabrication des fromages). Nous devrions donc bientôt retrouver des colis de viande porcine à l’AMAP.

Côté pain-farine

Même tendance en ce qui concerne les céréales : nos producteurs sont satisfaits de la production. Ils ont accusé une petite baisse de production (récoltes bonnes ou moyennes selon les céréales) car les rotations sont un peu compliquées, mais le départ des cochons devrait simplifier la donne.

Avec un peu plus de 5 ha de blé, 1,5 ha de grand épeautre, 1,5 ha de petit épeautre, 1 ha de mélange féverole-petit épeautre, 5 ha d’orge d’hiver, hommes et animaux ont ce qu’il faut. Ce dernier mélange, qui complète le régime alimentaire des vaches, est un nouveau mélange. En effet, il vient se substituer à un autre mélange qui avait entre autres du triticale. Nos paysans avaient pour habitude de ressemer une partie de leur récolte. Mais après quelques années, le triticale a commencé à disparaître des cultures. En cherchant à comprendre ce qu’il s’était passé, ils ont appris que le triticale n’était pas génétiquement stable : il était dégénérescent. Exit, donc ! Le nouveau mélange est stable et ne devrait pas réserver de mauvaises surprises.

En terme de production de pain, Julien fait deux fournées deux fois par semaine : 70 à 75kg de pains le mardi et 85 kg de pains le vendredi. Parfois, lors des vendanges, Julien enfile deux fournées de suite, mais ce rythme est possible seulement sur de courtes périodes.

Ventes

Les ventes du GAEC se répartissent entre les marchés, les AMAP et la vente directe à la ferme. Les paysans sont présents le samedi matin au marché de Chemillé, sur le mail St Pierre, le mercredi, ils tiennent leur étalage à Lafayette, à Angers. Le volume écoulé à l’AMAP de St Lambert du Lattay et celle de Chemillé est stable. La vente à la ferme concerne essentiellement des personnes vivant très localement.

Projets 

En projet : l’agrandissement de la fromagerie. Un nouveau local est en cours de construction pour désengorger le local vente jouxtant la cave d’affinage.  Les clients venant se fournir directement à la ferme pourront bientôt être accueillis dans un local un peu plus agréable et confortable.
Au vu de toutes ces évolutions, il est vraiment satisfaisant de voir qu’au fil des années une AMAP a toute sa place dans le maintien et le développement d’une agriculture paysanne sur notre territoire. Tout le mérite de cette belle histoire du GAEC Bellis Perennis n’incombe certes pas seulement aux AMAPs (C’est quand même les paysans qui travaillent, adaptent, font preuve d’imagination pour faire face aux aléas du métier…). Mais nous devons être conscients que chaque adhérent contribue, dans la modestie de sa contribution, à en écrire de très belles lignes.

Par le référent Produit laitiers : Christophe Bichon

Écolo-Volailles – Stéphane Tartre

SONY DSCStéphane Tartre   06.99.59.27.38

 

Depuis début janvier 2016, Stéphane a achevé son installation aux Petites Noues à Chemillé. La période de transition a duré trois mois. L’élevage est constitué de trois parcs et quatre cabanes dont une poussinière (pour les poussins de 1 jour à 1 mois). La nouveauté cette année est l’élevage de canards, que Stéphane va mener toute l’année à raison de quatre lots par an, alors qu’il élevait un lot pour décembre les années précédentes. En cohérence avec le maraîchage de Damien, les parcs de canards sont installés autour des serres et permettent l’entretien et la suppression des parasites (notamment les limaces). Rillettes et magrets seront donc disponibles toute l’année. Aujourd’hui, Stéphane achète un aliment bio « tout près » et réfléchit pour l’avenir à fabriquer à nouveau, ou non, l’alimentation de ses volailles.

 

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Le déménagement a demandé beaucoup de travail mais aujourd’hui Stéphane est serein et confiant. Il trouve toujours satisfaction à vendre des volailles saines, de bonne qualité, à une clientèle locale, qu’il connait. Longue vie à Ecolovolailles !

Octobre 2015 : Damien Cailleau EARL les petites noues

Octobre 2015
Points sur l’activité de Damien aux petites noues

L’activité :
Laure et Mickael sont présents à ¾ temps avec Damien, Laure complète son temps sur l’exploitation avec Karine. Mickael, lui à d’autres engagements ailleurs.

Aujourd’hui à l’AMAPORTE 34 contrats sont signés pour l’année 2015 – 2016 dont 6 paniers à 20 €
Le marché à la ferme en soirée le mardi et le mercredi fonctionne plutôt bien, Damien a son cercle d’habitués. Pareil pour le marché du samedi matin.
Il travail également avec un restaurant de la région et lui fournit les produits frais.
Ces activités complémentaires à l’AMAP lui permettent d’assurer plus de la moitié de son chiffre d’affaires

Une journée greffage sera organisée en fin d’hiver pour ceux qui veulent se former.

Les légumes :
Pas mal malade en mai, Damien a pris du retard dans pour préparer la saison d’hiver. Nous risquons d’avoir moins de nouveautés cet hiver.

Des cocos, des pommes de terre, des choux, des cardes, des poivrons, du céléri branche, navets   … seront présents dans nos paniers si le temps reste doux sans trop de gelée.
Damien essaie de voir pour un troc avec un autre producteur pommes de terre contre poireaux (qu’il a en quantité moindre et qui risque de manquer pour tenir tout l’hiver).
Les courges seront présentes mais il n’y aura surement pas de grosse distribution comme les années passées en novembre, faute de quantité
Les oignons et les échalotes … les aléas du temps font que la récolte n’est pas suffisante, mais rassurez vous il y en aura quand même un peu !
Les carottes seront probablement de petit calibre.
La mâche sera un peu plus présente que l’année dernière ainsi que les épinards.

Les prochains contrats :
Sont en cours d’élaboration : pas de changement de prix en vue : toujours les paniers à 15 et 20 € (dernière augmentation en avril 2013). Nos paniers ne subissent pas l’inflation !
Et bonnes nouvelles, Damien proposera à qui le souhaite la possibilité de faire des virements tous les mois (quelques modalités seront à suivre pour lui faciliter le pointage de ses comptes).

Stéphane Tartre – Les volailles

Stéphane TARTRE
Les Blottières
49120 Chemillé
Tel : 06.99.59.27.38
Mail : ecolovolailles@gmail.com

En Juillet 2011, Stéphane crée « Ecolo Volailles » en reprenant la partie Volailles de l’exploitation de Claudine et Philippe MOUSSEAU à CHEMILLE.
Stéphane élève en Agriculture Biologique des poulets, pintades, canes et canards soit 5000 volailles par an qui gambadent sur 1,5 ha.PNG - 370.8 ko

Chaque mois, un lot d’environ 400 poussins d’un jour arrive à la ferme. Il faudra 120 jours pour qu’ils atteignent leur poids final (contre 42 à 50 jours en élevage industriel).
Une centaine de pintades et de canards sont livrés 2 fois par an. Et cette fois, c’est pendant 5 à 6 mois qu’il faudra les nourrir pour qu’ils soient prêts à la vente.

L’alimentation nécessite de cultiver 6 ha de céréales variées (produites par Philippe Mousseau sur Chemillé), du maïs (acheté à un voisin), des minéraux (éléments achetés à l’extérieur), et des apports de plantes sauvages fraîches comme les orties pour leurs apports en oligo-éléments, vitamines, minéraux…

Tous les mardi matins, Stéphane emmène ses volailles à abattre à Neuvy-Bouin (79) qui se trouve être l’abattoir le plus proche. Les volailles sont vendues prêtes à cuire. Depuis décembre 2011, Stéphane propose également quelques produits transformés : des rillettes et des magrets de canard. La transformation se fait à la Châtaigneraie (85) car il n’y a pas d’entreprise plus proche certifiée bio.

100% de la production de Stéphane est écoulée en vente directe sur 4 AMAP (Chemillé, Cholet, Chalonnes, le Pin en Mauges), le marché de Chemillé le samedi matin, ainsi que la vente directe à la ferme.PNG - 126.6 ko La vente directe implique de trouver beaucoup de clients car de petites quantités sont demandées. Même si ce choix lui demande beaucoup de temps, il trouve aujourd’hui entière satisfaction à vendre des produits sains, de bonne qualité et pour une clientèle locale qu’il connaît.

BRAVO pour le travail de Stéphane, ses valeurs et ses engagements.
Et MERCI pour ses délicieux produits.

Pour AMAP’porte, CHEMILLE

La ferme du grand cormier, Chemillé – Michel et Yvette Socheleau

LES LAPINS :

Michel élève ses lapins dans des cages en plein champ. Elles sont déplacées tous les mois, afin d’éviter des risques de contamination. Le grillage des cages est monté sur rails pour les cloisons. Cela évite qu’il ne touche le sol et s’oxyde avec l’urine des lapins. Il y a plusieurs couches de grillages dans le fond pour que les petits ne s’échappent pas. Au bout de chaque cage, une réserve d’eau de 2 litres. En cas de forte chaleur, des plaques d’isolation et de la paille sont disposées sur les cages.

Alimentation des lapins : Triticale (ancêtre du blé)*, épeautre*, tourteau de tournesol, luzerne déshydratée, avoine germée. (* produit par le producteur). Apport + : antioxydien, vitamines et minéraux, vermifuge. Tous ces apports sont à base d’huiles essentielles et de vinaigre de cidre.

Abattage : Les lapins sont électrocutés et dépouillés.

Les lapins ne sont pas encore labellisés en agriculture biologique mais sont en cours de conversion.

L’HUILE :

Déjà installé comme producteur de lapins, Michel commence la culture de colza et tournesol en 2005. Il exploite maintenant environ 3 hectares de colza et 1 hectare de tournesol, surface qui varie suivant les années.

Le colza est semé au mois de septembre et est récolté fin juin, début juillet. Le tournesol est lui semé fin avril, début mai et est récolté en septembre/octobre.

Après récolte, les graines sont triées pour enlever les impuretés avant d’être pressées a froid. Michel utilise une presse qu’il a achetée avec 2 autres paysans. L’huile sort trouble car il y a des impuretés. Elle est laissée à décanter pendant 2 à 3 semaines pour éliminer ces dernières impuretés. Elle ne subit aucun autre traitement (filtrage…). Bien sûr, il y a des déchets : c’est le tourteau. Il est revendu à un producteur de lait (pour le tournesol), ou donné comme aliment aux lapins (pour le colza).
Michel préfère presser son huile au fur et à mesure, suivant la demande, pour garantir une huile de qualité. Il envisage dans l’avenir de passer les graines de tournesol dans une décortiqueuse pour faciliter le pressage, qui est plus difficile pour le tournesol que pour le colza. Cette étape supplémentaire permet aussi d’avoir une huile moins forte en goût.
Michel privilégie la vente directe, il est aujourd’hui partenaire de 4 AMAP (Chemillé, Chanzeaux, Beaulieu et Stes Gemmes sur Loire) et envisage d’en fournir d’autres dans l’avenir. Il fournit également 6 magasins (magasins de produits biologiques, épicerie associative).

Michel et Yvette nous ont préparé des feuilles explicatives sur les propriétés des huiles de colza et de tournesol. La liste des bienfaits de ces huiles est longue !

Huile de colza Huile de tournesol

Au Délice des Petits Fruits.

Les petits fruits, un délice !

Au délice des p’tits fruits est une exploitation montée par Armelle, une jeune productrice dynamique. En 2009, Armelle, alors ouvrière maraîchère, décide de se lancer dans la production de fruits rouges. Roland, le maraîcher pour qui elle travaille, lui prête des terres pour qu’elle puisse mettre son projet en place. La jeune femme commence par planter des fraisiers et des framboisiers avec de nombreuses variétés, aussi bien remontantes que non remontantes. Elle écoule alors sa première production de fraises via l’AMAP de Chemillé et en proposant la cueillette à la ferme. La première étape franchie, elle démarche d’autres AMAP, magasins… afin de développer son réseau. Puis, elle décide de s’agrandir un peu. Elle achète des serres pour produire quelques fraisiers sous abri et plante en extérieur d’autres petits fruits : cassis, groseilles, mûres… Elle en profite également pout multiplier encore ses débouchés en proposant d’autres petits fruits frais mais aussi des produits transformés : confitures, gelées, jus, sirops etc…

En 2010, Armelle a un nouveau projet. Elle achète un terrain pour y planter un verger mais pas n’importe lequel : un conservatoire de variétés anciennes et locales. Elle monte ce conservatoire avec l’aide de Mission Bocage, une association des Mauges et de l’AMAP de Chemillé, où elle fait appel aux adhérents pour l’aider à mettre ce beau verger en place. Là, on trouve des abricots, des cerises, des mirabelles, des pommes, des poires… Les jeunes arbres ont été plantés à l’automne dernier et sont ce printemps tous magnifiques.

Aujourd’hui, Armelle possède environ 1 ha de petits fruits et 2000 m² de verger.

GAEC Bellis Perrenis – Produits laitiers, pain, farine

GAEC Bellis Perennis La Grande Noë Valanjou

Vincent, Florian et Julien

L’aventure Bellis Perennis commence en 2007, quand Pierre, le papa de Vincent, part à le retraite. Il laisse derrière lui une ferme produisant vaches allaitantes et plantes médicinales en bio. Vincent reprend donc la ferme mais il a une autre idée de production. Fort d’une formation agricole et d’un travail d’un an en Ariège, où il a appris à transformer le lait en Tomme des Pyrénées selon les règles de l’art, il s’installe avec un troupeau de vaches laitières sur les terres familiales. Il commence à transformer le lait en printemps 2008. Les premières tommes sont vendues au cours de l’été de la même année. Le type de fromage est la Tomme à croute lavée type Tomme des Pyrénées (pâte non pressée non cuite). Et oui, même s’il utilise la même recette que dans les montagnes, il ne peut pas utiliser le même nom. Il n’aura échappé à personne que le relief de la Grande Noë ne pourrait suffire à justifier du label pyrénéen…

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Florian rejoindra Vincent début 2008 pour former le GAEC que nous connaissons. Il travaille plutôt sur le volet élevage de la ferme. En juin 2009, Julien rejoint les deux compères pour développer son activité farine et pain. Le four à pain familial de Julien, dans le bourg de Valanjou, est remis en état après des décennies d’abandon. Il cuit chaque semaine notre pain. Julien ne vit pas sur la ferme, même si à terme, c’est l’objectif.

Les terres qu’ils cultivent couvrent 80 ha. L’essentiel (65 ha) est en prairie. Le reste (15 ha) est affecté à la production de céréales. Parmi ces 15ha, 10 ha sont réservés à la farine et au pain. Le restant est destiné à compléter l’alimentation de l’élevage.

Sur la ferme, le droit à produire (le quota) est de 60000 litres de lait. Ils produisent effectivement de 40 à 45000 litres/an auxquels il faut rajouter environ 15000 litres qui sont réservés à l’allaitement des veaux. En moyenne une vache produit 4000 l/an.

Le troupeau compte 16 vaches : 4 Maine-Anjou (= Rouge des prés) et 12 Brunes des Alpes. Les Maine-Anjou sont plus intéressantes pour la production de viande, car c’est une race qui a été séléctionneé depuis longtemps dans cet objectif. Les Brunes des Alpes, elles, sont prisées pour la qualité de leur lait qui offre un bon taux protéique. Au GAEC, on cherche un bon équilibre entre les deux races en prenant soin de sélectionner les descendances des meilleurs éléments du troupeau.

Les veaux et les génisses qui naissent chaque année connaissent des sorts différents. Les génisses sont vendues à 6 mois hormis certaines d’entre elles qui participeront au renouvellement des vaches laitières. Les veaux, de leur côté, seront castrés pour faire des boeufs qui vivront 3 ou 4 ans sur la ferme avant d’être vendus en viande.

Lors de la fabrication du fromage, une grande partie du liquide constituant le lait est extrait. Il s’agit du petit lait (ou sérum). Très riche en lactose, minéraux et vitamines, il est donné aux quelques cochons de la ferme dont il constitue une grande part de l’alimentation. Ces cochons, de race locale (Longué), pourraient bien se retrouver en contrat porc à l’AMAP dans les temps à venir… les gars y réfléchissent.

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Au delà de tout ces aspects techniques, l’esprit dans lequel ils travaillent est essentiel. Pour eux, d’abord, leur pratique de l’agriculture doit être la plus naturelle qui soit. S’ils ont choisi de délaisser le label AB pour endosser le label Nature et Progrès, c’est bien pour cette raison, mais aussi pour sa dimension sociale. Produire n’est pas la finalité unique, encore moins « produire plus ». On pourrait plutôt résumer leur démarche par « autonomie et simplicité ». L’autonomie est pour eux un gage d’indépendance dans leur choix techniques, d’un point de vue financier aussi. La simplicité, c’est ne pas chercher à développer la technique à tout prix car la course à la productivité est très gourmande en temps pour des gains discutables, surtout quand on prend en considération la qualité de vie. Pour eux, la vie, c’est aussi les temps en dehors de la ferme, ou encore prendre le temps de jardiner, bricoler, ou simplement réfléchir à comment mieux appréhender leur travail. Cette recherche d’équilibre, on la retrouve dans leur volonté de partager leur temps entre la production et la vente. Puisqu’ils fonctionnent essentiellement en vente directe, ces moments de rencontre du client sont des moments privilégiés d’échanges avec ceux qu’ils nourrissent.

Karine Gourdon – de l’Oeil à l’Oeuf

Genèse

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Karine notre productrice d’œufs certifiés BIO, est une jeune femme aussi dynamique que sympathique. Je la remercie, ainsi que sa petite fille Camille, pour la disponibilité et la patience dont elles ont fait preuve lors de notre visite, en ce Jeudi 25 Aout.

L’exploitation de Karine est située aux petites Noues sur la commune de Chemillé. Son exploitation s’étend sur 24 hectares. 2 sont réservés pour les poules, 11 pour la production d’aliments pour les animaux, le reste sert pour les rotations. Karine a créé sa propre exploitation lorsque ses beaux-parents ont arrêté leurs activités en 2010. Exploitation sur laquelle le mari de Karine faisait déjà du maraichage sur 8 hectares depuis 2008. La totalité de ces 32 hectares est entièrement BIO.

Karine est devenue productrice d’œufs par amour de la terre et de son mari. Après une première vie à regarder les gens dans les yeux (son premier métier était opticienne) elle a voulu regarder vers d’autres directions plus en accord avec ses valeurs personnelles, qui sont entre autres le respect de la personne et de la terre qui nous porte. C’est avec cet état d’esprit que Karine s’est lancée. L’élevage de Karine est issu de celui de ses beaux-parents qui faisaient déjà de la production d’œufs BIO. Mais elle a voulu faire plus dans la qualité de vie de ses poules et a donc diminué le nombre de bêtes par m². Passant leur nombre de 4300 à seulement 1600 sur 2 hectares, soit beaucoup plus de m² par poule que ne l’exige la norme BIO. (Depuis 2002 la norme est de 3000 poules pour 600 m²)

La vie d’une poule pondeuse

JPEG - 11.2 ko La LOHMANN BROWN est une charmante poule pondeuse rousse. Celle-ci arrive sur l’exploitation de Karine, à l’âge de 17 semaines. Dans un premier temps elle va rester avec les 799 autres poules de l’arrivage dans le hangar de ponte pour se familiariser avec leur nouvel environnement. Elles vont pouvoir pondre 15 jours après leur arrivée. Et vont prendre l’habitude de pondre dans les nichoirs et non dans le champ, car les œufs pondus à l’extérieur ne peuvent être commercialisés. De plus, il faut savoir qu’une poule pond 5 à 6 œufs par semaine et pas plus d’un par jour et en général le matin. Après un mois de vie cloitrée, un matin vers 10H30 les trappes s’ouvriront et tous les autres matins suivants sur un espace arboré et clôturé où pousse de la camomille. 1 hectare pour 800 poules (l’élevage tourne avec 1600 poules). A la nuit tombée, les poules regagneront le hangar, et se percheront (afin d’échapper à d’éventuels prédateurs). Karine passera une fois la nuit tombée pour fermer les trappes d’accès à l’extérieur. Il y a des renards dans cette campagne. Ces jolies poules rousses vont passer environ 15 mois à l’extérieur le jour et protégées dans le hangar la nuit. Après quoi elles seront réformées, dirigées vers l’abattoir et vendues en direct par Karine au prix moyen de 5,5 € pièce.

JPEG - 15.9 ko Karine a deux lots de poules de 800 chacun, qui vivent dans deux zones distinctes. Un premier lot est destiné à un exploitant, le second pour la vente direct et les AMAP. Après chaque vide (réforme d’un lot) il y a un délai d’environ un mois avant qu’un autre lot soit mis à la place du précédent. Vide sanitaire obligatoire de 21 jours, nettoyage au jet à haute pression des locaux etc …

JPEG - 10.4 ko La nourriture de ces gallinacés est exclusivement BIO. Faite à base de pois, de luzerne, d’orges, levure de bière etc … La nourriture est stockée dans des silos à l’extérieur et délivrée dans une mangeoire qui circule tout au tour des caillebotis, 5 fois par jour à l’aide d’une trémie et d’un programmateur. De plus des coquilles d’huitres pilées sont en libre service. Elles permettent à la poule de broyer les graines dans le gésier et apporte en plus la quantité journalière nécessaire en calcium.

Un grand merci à l’AMAP Le Panier De La Moine (Cholet) pour le texte et les images : http://lepanierdelamoine.blogspot.fr

Agneaux – Line, ferme de la haute garde

Au lieu-dit la Haute-Garde, sur la colline des Gardes, à 200 m de l’abbaye, Line Rocheau a repris une exploitation à un producteur qui partait à la retraite. À 27 ans, elle est propriétaire des bâtiments et du matériel qu’elle a rachetés en juillet dernier, et transformés pour élever des volailles puis des agneaux. Line loue également 35 hectares de terres pour produire du blé et du maïs pour la volaille, du foin, des céréales et de la luzerne pour les brebis. La ferme est en conversion à l’agriculture biologique. C’est dans le cadre d’une reconversion professionnelle que cette jeune femme, auparavant dans les travaux publics, a suivi une formation de « technicien de production agricole et services associés » au centre professionnel pour adultes de Jallais. Stagiaire puis salariée dans une ferme bio à Geneton dans les Deux-Sèvres, elle décide de monter, seule, son entreprise. Sa motivation : « C’est la passion des animaux. » Le bio : « Parce que je n’envisageais pas ça autrement. » La vente en direct : « Elle permet le contact avec la clientèle et de mieux valoriser les produits qui sont des produits de qualité. » Son projet a suivi plusieurs étapes. Line a visité trois fermes avant d’arrêter son choix sur celle de la Haute-Garde. « Le potentiel des bâtiments et le cadre où se situe l’exploitation m’ont décidé à lancer le projet. Pendant deux ans, j’ai effectué le « Parcours à l’installation » : formation à la Chambre de commerce, étude de marché sur 6 mois, démarches auprès des banques… » Depuis le 9 septembre 2012, elle propose, en vente directe et sur livraison, des volailles, de la vente d’agneaux, des produits transformés 100 % volaille, dont du foie gras et des oeufs de poules. Les volailles qu’elle a choisi de vendre sont toutes élevées en plein air. Aujourd’hui, les principaux débouchés de Line sont la vente aux particuliers et aux comités d’entreprise. Elle fournit également des produits transformés à l’épicerie associative de Nuaillé